Le sable de la grève a brûlé mes pieds nus;
Et ma chair a saigné de toutes les épines
A travers les fourrés, les ronces des ravines
Et les ajoncs aux rudes marges des marais.
Mais partout, aussitôt que la terre où j'errais
Portait empreinte sur l'argile ou sur l'arène
La trace des vivants, j'ai fui. Je sais la haine
Dont ils poursuivent la passante et sur mes yeux
Ont pesé trop souvent leurs poings injurieux
Pour que je m'aventure ayant vu leurs foulées.