A Emile Gallé.

Durant les jours de brume et les soirs sans étoiles

Le vent triste a fané la pourpre de nos voiles;

Mais nos cœurs s'attardant aux soleils révolus

Oubliaient le deuil vain des flux et des reflux.

La barque tressaillait de la poupe à la proue

Avec le ronflement d'un cheval qui s'ébroue;

Mais nos cœurs enchantés de chants évanouis

Oubliaient la clameur des vagues et des nuits.

Hier l'Aurore brusque a jailli de nos rêves;