A travers le brouillard où soufflait le vent rude,
J'ai cheminé de solitude en solitude
N'ayant pour compagnon que l'immuable ennui.
Derrière les rocs noirs qui portent le ciel triste,
Monotone, la mer invisible pleurait;
Et jusqu'à l'horizon barré par la forêt,
Les maigres tamaris et l'âpre fleur du ciste.
Puis des jours mornes dans le silence des bois
Pesèrent sur mon front en gouttes d'ombre lourde:
Nul bruit d'oiseau qui chante ou de source qui sourde