Marie n'adressa jamais à son fiancé le moindre reproche. Elle lui jetait seulement des regards timides, attendris, des regards qui disaient:
«Je suis toute à toi!»
Maintenant, d'ailleurs, Jean parlait de fixer la date de leur mariage: il irait, disait-il, passer quelques semaines dans son pays, afin de régler certaines affaires et s'entendre définitivement avec sa mère. Et lorsqu'il descendait le grand escalier de la maison de la place des Vosges, il souriait tout doucement: Marie avait une sorte de respect pour cette vieille maison, habitée jadis par des gens si illustres, pour ce large escalier et sa rampe superbe.
Comme il serait fier et heureux, lorsqu'il aurait obtenu le consentement de sa mère, de revenir, précédé par de Brettecourt! Il avait rêvé un coup de théâtre; il chargerait Henri de se présenter en son mon et de dire gravement à maman Renaud:
—Madame, je suis le comte de Brettecourt et je viens, au nom de mon ami, Jean d'Angoville, marquis de Villepreux, vous demander la main de Mlle Marie…
Quelle surprise alors! Il devinait l'effarement de maman Renaud, le radieux éblouissement de Marie.
Et il la conduirait triomphalement dans son bel hôtel de la rue Saint-Dominique; et elle gravirait à son bras un escalier encore plus majestueux que celui de la place des Vosges…
Cependant, Marie commençait à s'assombrir; ses regards d'amour renfermaient une supplication de plus en plus tendre. Et, un soir, à voix basse, d'une voix tremblante, plaintive, elle dit à son fiancé!
—Jean, j'ai besoin de vous parler en secret.
Il s'attendait à cette demande.