—Rien, dans tout cela, n'indique le quartier habité par la demoiselle… Rien… Moi seul le sais…

Et il formait lentement son plan, avec le plus tranquille cynisme.

—Je les lancerai dans tout Paris, excepté dans le Marais: ils perdront leur temps et ne trouveront naturellement rien. Cela occupera le congé de M. de Brettecourt, les loisirs que le notariat laisse à M. Florimont, et les fera beaucoup marcher, chose excellente au point de vue hygiénique.—Moi, je saurai avant longtemps le nom de la jeune fille; Guépin me découvrira alors très facilement son adresse. Et je me charge du reste… Ma mère aura la fièvre jusqu'à l'époque présumée de la naissance de son petit-fils; et, comme j'aurai soin que ce petit-fils vienne au monde tout autre part qu'à Paris, on ne trouvera rien de plus dans six mois que maintenant. Il y aura des crises de larmes, on s'attendrira beaucoup… Je pleurerai moi aussi… Juliette est très sensible aux crises de larmes… Parbleu, je suis bien maître de l'avenir!

Le lendemain, lorsque Florimont et Brettecourt se présentèrent chez lui, ils le trouvèrent fiévreusement penché sur un plan de Paris.

—Messieurs, leur dit-il, après les premières salutations, j'étais en train de préparer la besogne pour chacun de nous. Je me serais chargé de tout avec bonheur; mais… puisque vous voulez votre part dans nos recherches?…

—Certes! interrompit Brettecourt.

—Eh bien, reprit Honoré, nous ne savons qu'une chose sur cette jeune fille: c'est qu'elle vit avec sa grand'mère…

—Et qu'elle est ouvrière en lingerie…

—Parfaitement. Mais… auriez-vous, l'un ou l'autre, le moindre renseignement sur le quartier qu'elle habite?

—Aucun, hélas! dirent les deux hommes.