Mais l’inquiétude, toutefois, troublait Léon Drapier plus que tout le reste.

— Pourvu, se disait-il, que ma femme ne sache jamais ce qui s’est passé et que tante Denise ne soit jamais au courant !…

Car le directeur de la Monnaie entrevoyait que, non seulement sa femme demanderait le divorce, mais qu’en outre sa tante, la prude et chaste Denise, ne manquerait point de le déshériter si elle était au courant du moindre incident !

La colère égoïste de Léon Drapier allait se manifester par des exclamations violentes contre Paulette mais celle-ci les prévenait par une supplication.

— Léon Drapier ! Léon ! Léon ! fit-elle, protège-moi ! Sauve-moi ! il y a un homme dans mon boudoir, un homme avec un revolver qui a voulu m’assassiner ! C’est un policier, j’en suis sûre ! Il est encore là, empêche-le de me faire du mal !…

Léon Drapier haussait les épaules.

— Allons donc ! fit-il des histoires, pour détourner la conversation ! Depuis quand les gens de la police se font-ils meurtriers ? C’est une farce inventée à plaisir ! Encore quelque amant que tu me caches ! J’ai été dupe de tes mensonges, j’ai été assez bête pour croire à ces histoires de père qui venait te voir… Certes ! tout est bien fini entre nous, Paulette, tout est fini, et je ne me laisserai pas moquer de moi ! Ah ! je vais lui parler, à ce soi-disant policier ! Et puisqu’il se cache dans ton boudoir, il n’ira pas ailleurs ! À nous deux, monsieur !

Léon Drapier, fou de colère, traversa la salle à manger et pénétra dans le boudoir, la canne levée, le regard menaçant.

Mais il s’arrêtait au milieu de la pièce… Celle-ci était vide.

— Lâche ! cria-t-il, montrez-vous !