— Tu sais la nouvelle, Léon ?
M. Drapier qui, à ce moment, ôtait son pardessus et l’accrochait dans l’antichambre au-dessous de son chapeau, haussa les épaules et, considérant sa femme d’un air légèrement méprisant, répliqua :
— Comment veux-tu que je la connaisse ?… La nouvelle !… Quelle nouvelle ? D’ailleurs j’arrive à l’instant…
— Eh bien, fit Eugénie Drapier d’un air mystérieux, j’ai reçu une dépêche de tante Denise cet après-midi…
— Alors ? interrogea Drapier.
— Tante Denise est souffrante, poursuivit M me Drapier, elle reste à Poitiers, elle ne viendra que dans une huitaine de jours.
« Pauvre tante, j’espère qu’elle n’est pas gravement souffrante…
— C’est assommant ! gronda Léon Drapier.
— N’est-ce pas ? fit sa femme, tante Denise a constamment quelque chose…
— Oui, sans doute, déclara Léon Drapier, interrompant sa femme, et ce qui est assommant c’est que je sois revenu pour elle ; je t’avoue que si j’avais su qu’elle retardait son arrivée, je ne serais pas rentré dîner… Nous avons au cercle une réunion très intéressante…