Péniblement, elle ouvrait le fameux placard, prenait une thune qu’elle remettait à son mari.

— Tu pars maintenant ? demandait-elle.

— Et comment !… J’m’en vais pas moisir !… Fais l’ballot et je l’porte.

Le ballot n’était pas difficile à faire. En quelques instants, la mère Martin eut plié dans un grand tablier les quelques affaires qui appartenaient au gosse, elle remit le tout à son mari.

— Voilà, déclarait-elle. Mais tâche tout d’même de le ramener. Après tout, quand elle payait, la mère, c’était pas une si mauvaise affaire que ça !…

Le père Martin ne répliquait pas. Déjà il était dans la cour, déjà il appelait :

— Numéro quatre, arrive ici !

Une demi-heure plus tard, le numéro quatre avait quelque peu changé d’aspect. Chose qui n’arrivait que bien rarement, on l’avait à peu près peigné, lavé, on avait même poussé le soin jusqu’à s’assurer qu’il avait des bas et que ses souliers comportaient des lacets.

— Radine, maintenant, mômignard ! commandait le père Martin, qu’on te rapplique à ta daronne…

Ils prirent le tramway, descendirent à la barrière de Paris, et le père Martin commença par aller boire un verre.