— Oui, à condition qu’il soit court.
— Je ne demanderai que l’indispensable.
Le juge d’instruction, à ce moment, s’approchait tout à fait du lit et se penchait au-dessus de la blessée à qui il adressait un bon sourire. Ce juge d’instruction, M. Gabert, était d’ailleurs un brave homme. Il n’aurait pas fait de mal à une mouche et il était fort troublé de se trouver ainsi, ce qui ne lui était encore jamais arrivé, contraint d’exercer son redoutable ministère au chevet d’une malade.
— Voyons, madame, commençait-il, je vais vous poser quelques questions et vous me répondrez le plus brièvement possible. Un simple signe de tête quand ce sera oui, un autre quand ce sera non, deux mots lorsqu’il vous faudra parler…
Puis, malgré lui, repris par les habitudes du métier, le juge d’instruction haussait la voix :
— Je n’ai pas besoin, n’est-ce pas, déclarait-il, de vous rappeler toute la gravité de vos paroles. Il faut me faire le serment de dire la vérité, rien que la vérité. Répondez tout bas : Je le jure.
— Je le jure ! fit la malade.
Le juge d’instruction se tournait alors vers son compagnon, examinant d’un coup d’œil à la dérobée l’attitude du Dr Tillois qui, indifférent à cette scène, s’était rapproché de la fenêtre et tapotait du bout des doigts une marche militaire sur les carreaux.
— Monsieur le greffier, dit le juge d’instruction, veuillez noter que j’ai fait prêter le serment d’usage.
Il se penchait à nouveau vers la malade, il demandait encore :