Faisant effort sur elle-même, elle s’arracha de son lit, passa une robe de chambre, chaussa des mules et, retenant sa respiration, réprimant les battements de son cœur, elle entrebâilla doucement la porte de sa chambre.

Cette porte donnait sur le salon, un trou noir, le commutateur l’éclairant était éloigné… M me  Drapier n’osa s’avancer dans l’obscurité.

Elle revint sur ses pas et sortit par l’autre porte, celle qui donnait sur la galerie.

Elle pouvait illuminer cette dernière avant de s’y engager, elle le fit.

Les plafonniers lumineux étincelèrent, M me  Drapier jeta un coup d’œil inquiet dans le vaste couloir où rien ne semblait anormal.

Elle s’avança lentement, glissant sur les tapis épais, regardant autour d’elle, avec des yeux écarquillés.

Par moments, elle s’arrêtait, écoutait, elle n’entendait rien… puis reprenait sa marche.

Arrivée devant la porte de la chambre de son mari, elle appuya son oreille tout d’abord contre le panneau, dans l’espoir d’entendre quelques bruits à l’intérieur de la pièce.

Quelquefois son mari ronflait, mais cette fois-là le silence le plus absolu régnait.

D’une voix timide, étranglée par l’émotion, M me  Drapier appela :