— Vous saviez cela, n’est-ce pas ? M. Havard vous a tenu au courant ?
— Parfaitement, répondit Juve.
Et, charitable, le policier n’ajoutait pas qu’il le savait d’autant mieux que c’était lui qui avait averti M. Havard qui, sans doute, s’était targué de la découverte auprès du gouvernement.
Le ministre de l’intérieur poursuivait, sur le même ton dont il aurait développé un rapport à la tribune du Parlement :
— Ces louis d’or véritables, mis en circulation à une date qui ne correspond point avec les nécessités budgétaires, nous inquiétèrent naturellement. J’en parlai à mon collègue des Finances qui, lui-même, interrogea Léon Drapier et cela il y a tout juste trois jours, dans mon propre cabinet.
M. Havard hochait la tête très intéressé, il osa se tourner vers le ministre et demanda :
— Alors, monsieur le ministre, alors l’affaire ne s’est pas éclaircie ?
— Tout au contraire, elle devint plutôt obscure, car Léon Drapier jura ses grands dieux qu’aucune pièce d’or n’avait pu sortir de la Monnaie à la frappe nouvelle, pour la bonne raison que les flancs n’avaient pas encore été essayés.
Le ministre de l’intérieur, à ce moment, baissait un peu le ton, il ajoutait :
— Naturellement, les questions posées à Léon Drapier n’ont pas eu le caractère d’un interrogatoire. Nous avons parlé discrètement et tout simplement sur le ton d’une conversation amicale.