Juve, d’ailleurs oubliait complètement à cet instant qu’il s’agissait de misérables fort peu dignes d’intérêt. Il bousculait même Nalorgne et Pérouzin avec fureur :
— Hâtez-vous donc ! hurlait-il. Vous voyez bien que ces gens-là râlent !… Il faut les secourir ! C’est votre bêtise, que diable, qui vient de les faire assassiner !
Transportés dans un fiacre, Mon-Gnasse et la Puce, évanouis et perdant toujours leur sang, ne donnaient guère signe de vie. Juve prit lui-même les guides en main. À l’ahurissement du cocher, qui ne comprenait rien à la façon de faire de ce client, il fouettait la rosse et la lançait au galop dans la direction de l’hôpital.
Par bonheur, le policier était connu. Un interne accourait immédiatement.
— Grave, grave ! fit-il en hochant la tête. De terribles hémorragies !
Et il demandait :
— Que s’est-il donc passé ? Une rixe ?
— Je ne sais pas, dit Juve.
L’interne, aidé de deux infirmiers, déshabillait les blessés.
— Ils doivent avoir des coups de couteau ou une balle dans les poumons pour vomir le sang de cette façon !