— Faites venir immédiatement le trésorier, dites que je l’attends dans mon bureau !

Tandis que les solliciteurs, qui étaient venus dans l’espoir d’être reçus par M. le directeur de la Monnaie, se retiraient maussades, indifférents ou furieux selon l’importance qu’ils attachaient à leur visite, un groupe de personnes se présentait quai Conti à la façade principale de l’hôtel des Monnaies.

La grande porte venait de s’ouvrir, car il était dix heures du matin, et dès lors le concierge de l’important immeuble faisait pénétrer tous ces gens dans une petite salle à côté de sa loge.

À voir ces gens, on déterminait aisément leur nationalité et leur profession. C’étaient des touristes, pour la plupart des étrangers, des Anglais et des Allemands, qui, respectueusement fidèles à un programme arrêté d’avance par leur guide, s’étaient réunis ce matin-là au quai Conti dans le but de visiter la Monnaie.

Le concierge s’approchait d’un des leurs, un personnage aux cheveux très bruns, à la moustache hérissée comme une moustache de chat.

— Salut, monsieur ! lui dit-il en lui tendant la main, voilà longtemps qu’on ne vous avait pas vu !

Le personnage sourit, il serra cordialement les doigts du fonctionnaire.

— Que voulez-vous, monsieur le concierge ! il faut bien vivre de son métier ! Voici les autorisations du ministère pour que je puisse faire visiter à ma clientèle les salles du musée et les ateliers de la frappe.

Le concierge vérifiait les documents que lui tendait le guide.

— C’est parfait ! déclara-t-il, vous allez pouvoir commencer !