Situation compromettante
Ainsi donc, les suppositions les plus extraordinaires étaient fondées ! Ainsi donc, les pressentiments les plus redoutables étaient justifiés !
Fantômas, comme certains l’avaient craint, était réellement dans la place, et c’était évidemment lui qui dérobait dans les sous-sols de la Monnaie l’or dont la disparition stupéfiait tellement le personnel du contrôle et de la trésorerie.
Il avait eu beau martyriser cruellement les deux apaches auxquels il avait donné de cet or en paiement pour les empêcher d’avouer l’origine de ces louis qu’ils possédaient, on avait réussi, sans grande difficulté, à se rendre compte que cet or provenait de la Monnaie et, comme cela coïncidait avec des disparitions de fonds, la filière était établie.
Toutefois, il restait à trouver le coupable, l’auteur de ces vols audacieux, et nul n’y parvenait.
Fantômas, à maintes reprises, s’était introduit dans l’hôtel des Monnaies, si rigoureusement gardé cependant, et avait réussi à déjouer toutes les surveillances.
Or, ce jour, le lendemain même de l’effroyable mutilation qu’il avait fait subir à la Puce et à Mon-Gnasse, Fantômas avait pénétré dans l’intérieur de l’hôtel en se mêlant tout simplement à la foule des touristes étrangers qu’un guide amenait visiter le palais de l’or.
Fantômas, toutefois, avait été obligé d’aviser soudainement de la conduite à tenir.
Un ordre était survenu au cours de la visite habituelle, ordre inattendu, inopiné, qui obligeait les touristes à rebrousser chemin et les empêchait d’achever leur visite, de donner le coup d’œil que l’on faisait jeter d’ordinaire sur les caves dans lesquelles étaient enfermées des quantités incommensurables de pièces de toutes sortes pour des valeurs inappréciables.
Mais Fantômas ne manquait jamais de présence d’esprit, pas plus qu’il était à court d’audace !