Néanmoins, il ne voulait rien en laisser paraître.
— Qu’est-ce que cela peut faire ! dit-il. Nous n’avons rien à risquer. Cette sonnerie nous prévient que le piège que l’on a posé dans la cave vient de se refermer et que, par conséquent, le coupable que l’on recherche depuis si longtemps a enfin fini par se laisser prendre…
— Chef, articula le brigadier, je ne peux pas croire cela ! Le piège que l’on a disposé est un moyen grossier, et comme, dans la maison, tout le monde est au courant de son existence, le voleur a dû certainement savoir ce que nous avons préparé et a pris ses dispositions pour éviter de tomber dans le traquenard que nous lui avons tendu… Car, ajoutait le brigadier, je ne puis admettre que le mystérieux bandit qui circule si librement dans l’hôtel des Monnaies ne soit pas quelqu’un de la maison très au courant de la disposition des lieux, quelqu’un qui peut-être nous coudoie tous les jours, que nous connaissons aussi bien qu’il nous connaît et que nous voyons comme je vous vois !…
Le chef de la surveillance paraissait très ébranlé par les propos que lui tenait le gardien.
— Mais alors, demanda-t-il, comment se fait-il que la sonnette ait été agitée, que le grelot tinte toujours ?
— C’est bien simple, articula le brigadier. On veut nous attirer dans ce sous-sol… L’homme a fait se refermer le piège et agir la sonnette pour nous surprendre, nous attaquer dans un véritable guet-apens. Méfiez-vous !… Monsieur le chef, méfions-nous !…
À ce moment, un coup violent était frappé à la porte de la pièce qu’occupaient les deux hommes.
— Mon Dieu ! dit le chef en sursautant, qu’est-ce qu’il y a encore ? Que veut-on ?
Et il devenait livide.
Le brigadier se précipitait pour ouvrir, mais quelqu’un, qui n’avait pas attendu l’autorisation d’entrer, se présentait devant les deux hommes.