— Attention ! lui souffla l’un d’eux. Au-dessus de notre tête, il y a tout juste une grosse trappe qui est cadenassée et à laquelle personne ne prête attention. C’est une plaque de fonte qui pèse fort lourd. Le chef seul en a la clé. Il va la soulever, et nous allons nous glisser dehors. Compagnon, il faudra faire vite, car il ne faut pas que personne puisse jamais se douter de l’importance de cette plaque d’égout !

Juve le comprenait fort bien et se hâtait en effet de se couler hors du puits à la suite de ses compagnons.

Le temps avait changé cependant.

Cependant que Juve, avec bonheur, respirait à pleins poumons de larges bouffées d’air pur, il notait que la pluie cinglait avec force, que le vent sifflait par rafales.

C’était d’ailleurs une nuit d’horreur, une nuit tragique d’épouvante.

À peine sorti du trou, à peine échappé de l’Enfer, Juve entendait brusquement la fusillade crépiter autour de lui.

Qui se battait et qui tirait ? De quel côté était la police, de quel côté étaient ses adversaires ?

Juve, d’abord, ne put pas le savoir.

Les berges étaient complètement noires ; des balles perdues avaient brisé les réverbères qui longent les quais et l’on devinait avec peine, parmi les amoncellements de matériaux disposés près des péniches, le passage furtif d’ombres rapides.

Était-ce des amis ou des ennemis ?