Le magistrat s’était bien adressé en sollicitant de M. Marquiset ce service.
M. Marquiset était, en effet, dans cette foule de domestiques, le seul maître ; il était bien certain que nul, malgré sa curiosité, n’oserait passer outre.
Un des agents était allé ouvrir les rideaux du cabinet de travail. Lorsque la lumière se fit dans la pièce, le commissaire ne proféra pas de cri, mais il tordit nerveusement sa moustache et grommela :
— Oh ! oh ! C’est grave !
Quant à M. Marquiset, qui avait regardé dans la pièce, lui qui n’avait pas l’habitude devint blême et poussa une exclamation.
— Un assassinat !
Le magistrat cependant venait de se précipiter vers un angle du cabinet de travail où se trouvait le corps d’un homme étendu, baignant dans une marre de sang.
Un poignard gisait à terre à côté, la lame était toute rouge, le malheureux avait été frappé à la gorge, et il était vraisemblablement tombé raide mort entre le bureau et la cheminée.
C’était en vain, désormais, que M. Marquiset empêchait les gens d’entrer, ceux-ci se ruaient, forçaient la consigne… Les deux agents durent intervenir, cependant que le commissaire de police inventoriait immédiatement la pièce, afin de relever un détail quelconque, qui pût lui donner le secret de ce qui s’était passé…
Caroline toutefois, bénéficiant des droits que lui conférait sa qualité de domestique de la maison, voulut entrer dans le cabinet de travail.