Sur les conseils de Mix, le directeur de la Monnaie avait, en effet, commis des actes réellement suspects, indiscutablement susceptibles de le compromettre.

Il s’était introduit dans l’appartement de sa maîtresse, Paulette de Valmondois, pour y faire disparaître les traces qu’il pouvait y avoir laissées.

Il s’était rendu coupable de bris de scellés à son domicile et de substitution de faux cachets aux cachets véritables que la justice avait apposés sur certains meubles de son cabinet de travail.

Enfin, si telles étaient les fautes commises par Léon Drapier sur l’instigation de Mix, ce dernier, qui avait acquis la certitude que quelqu’un avait précédé dans le piège de la cave le directeur de la Monnaie, quelqu’un qui vraisemblablement devait être le coupable, n’en avait rien dit au chef de la Sûreté, que cette révélation aurait certainement intéressé.

Le détective privé avait laissé partir la police officielle et, alors que Léon Drapier soignait sa jambe meurtrie, le détective privé avait interrogé son client de telle façon que celui-ci pouvait croire un moment qu’il était suspect aux yeux de celui qu’il avait attaché à sa personne à titre de témoin de son innocence.

Ce soir-là, le soir du drame, sur les instances de Léon Drapier, Mix avait consenti à redescendre avec lui dans la cave.

Le directeur de la Monnaie voulait, en effet, être renseigné sur un fait qui lui paraissait extraordinaire.

Y avait-il réellement quelqu’un de caché sous l’amoncellement des pièces d’or éparpillées dans la cave ?

Et, dans l’affirmative, quel était ce quelqu’un ?

Les deux hommes étaient donc descendus vers onze heures du soir, c’est-à-dire après la capture de Léon Drapier dans le piège, revoir la cave mystérieuse.