— Que désirez-vous ? Qui va là ?
De l’extérieur, quelqu’un lui répondit :
— Excusez-nous, madame Drapier, de vous déranger, et n’ayez pas peur, c’est M. Havard et deux de ses inspecteurs !
Cette recommandation était superflue, car, en entendant le chef de la Sûreté se nommer, M me Drapier le reconnaissait à sa voix, la malheureuse femme se sentit devenir livide et manquait de défaillir. Tout d’un coup, ses craintes se précisaient et ses appréhensions, jusqu’alors vagues, devenaient formelles et catégoriques.
Oui, c’était bien évident ; du moment que le chef de la Sûreté et ses deux inspecteurs venaient sonner à l’appartement à une heure aussi tardive, c’est que quelque chose de grave se préparait et que peut-être les policiers venaient arrêter Léon Drapier !
Et, machinalement, M me Drapier poussa un soupir de satisfaction en se disant que son mari n’était pas là.
Elle ouvrit ; le chef de la Sûreté se présenta devant elle et la salua.
— Excusez-moi, fit-il, madame, de vous importuner de ma présence à une heure aussi tardive, mais il est des questions urgentes que je dois poser à votre mari. Veuillez avoir l’obligeance de m’annoncer à lui en ajoutant que je me présente à titre officieux, étant donné que la loi ne me permet point d’intervenir pendant les heures qui s’écoulent entre le coucher du soleil et son lever.
Machinalement, sans réfléchir, M me Drapier ouvrait la porte du cabinet de travail de son mari et y introduisait le chef de la Sûreté ainsi que ses deux inspecteurs.
— Asseyez-vous, messieurs, dit-elle.