En fait, Léon Drapier avait une allure sinistre. Malgré les coups de brosse qu’il avait donnés à ses vêtements, ceux-ci étaient en désordre.

Son pardessus, qu’il n’avait pas encore ôté, portait de nombreuses déchirures. Le col de sa chemise était froissé, cassé en plusieurs endroits, sa chevelure défaite. En outre, comme d’un geste machinal, il avait passé sa main sur son front et, de cette main qui était encore tout humide de sang, il avait souligné son visage de larges lignes rouges.

Eugénie Drapier, sans répondre, se contentait de lui désigner d’un doigt tremblant une glace.

Léon Drapier se regarda dans cette glace et ne put dissimuler un mouvement de surprise, même de violente émotion, en apercevant son visage reflété dans le miroir.

— C’est vrai ! murmura-t-il, j’ai l’air d’un malfaiteur !

Il voulut se rapprocher de sa femme.

Mais celle-ci poussait un cri rauque.

— Non ! non ! hurla-t-elle avec épouvante, ne me touche pas… Ne me touche pas !

— Que t’ai-je fait ? interrogea douloureusement Léon Drapier. Pourquoi donc as-tu peur de moi ?…

Il apparut que M me  Drapier faisait un violent effort sur elle-même pour articuler enfin une parole.