Parmi cette foule populaire se glissait une femme, une dame, dont la tenue élégante, quoique peu voyante, attirait l’attention.

Dans ce quartier bien populaire, et surtout à une heure aussi matinale, on n’avait pas l’habitude de croiser des personnes aussi bien habillées.

Quelques ménagères, marchandes de quatre-saisons, qui bavardaient sur le trottoir, la désignaient du coin de l’œil :

— Quelque bourgeoise qui vient de faire la bombe ! disait-on.

Et, d’un geste expressif, l’une de ces femmes désignant le visage aux traits fatigués de la personne qui passait, ajoutait :

— Sûr que ç’en est une qui ne s’est pas couchée de la nuit !

La passante, toutefois, n’écoutait pas, elle ne remarquait point qu’elle était observée.

Elle suivait la rue de Vaugirard à pas précipités. Quelques instants auparavant, elle avait abandonné le taxi-automobile qui l’avait amenée jusque-là et, au frémissement nerveux de son pas, il semblait qu’elle était heureuse de marcher, d’agir.

Au bout de quelques instants, elle s’arrêtait à l’angle d’une rue privée.

La plaque d’émail bleue indiquait : « Impasse de Vaugirard, voie interdite aux véhicules ».