— Oui, monsieur, fit la vieille cuisinière, même que monsieur est bien fatigué, bien malade. Si monsieur savait ce qui s’est passé ! Voilà madame qui a disparu, rapport à ce qu’elle a découvert que monsieur avait une maîtresse !… Je demande un peu à monsieur si madame devait agir de la sorte !… Surtout que la maîtresse de monsieur est décédée… Là où il n’y a plus personne, le diable y perd ses droits !…
Havard avait jeté un coup d’œil de triomphe à Mix, il pénétra dans la chambre de M me Drapier, où le malheureux directeur de la Monnaie était demeuré, abasourdi, atterré, depuis le départ subit et inattendu de sa femme.
Lorsqu’il vit entrer le chef de la Sûreté en compagnie de Mix, Léon Drapier se leva.
— Monsieur, déclara le chef de la Sûreté, je suis heureux de vous trouver enfin à votre domicile ! Je m’aperçois que j’arrive à temps et que, décidément, la justice aura le dernier mot ! Au nom de la loi, je vous mets en état d’arrestation, car vous êtes inculpé non seulement des vols commis à la Monnaie, mais encore du double assassinat du malheureux Firmain et de votre infortunée maîtresse, la fille Poucke, dite Paulette de Valmondois !
À ces paroles, Léon Drapier devint livide.
Il écarquilla les yeux, remua les lèvres, d’abord incapable d’articuler une seule parole, enfin il murmura d’une voix blanche :
— Vous avez perdu la tête ! Vous êtes fou !
— Je ne suis pas fou, déclara sévèrement M. Havard, je crois au contraire que j’ai raisonné selon les plus sûrs principes de la logique et de la vraisemblance, et c’est pour cela que je vous mets en état d’arrestation. L’enquête prouvera si je me trompe, l’instruction établira votre culpabilité.
— Mais je suis innocent ! hurla Léon Drapier.
M. Havard rétorquait ironiquement :