Et, à ce moment, Juve s’applaudissait d’être revenu.
Ayant eu la pensée que Fantômas, qu’il avait rencontré au cours de la nuit de lutte, connaissait les Grouilleurs et peut-être bien leur commandait, Juve en effet n’avait pas été sans inquiétude en décidant de se rendre au bouge.
N’était-il pas à craindre, en effet, que Fantômas eût averti les extraordinaires individus ?
N’était-il pas possible qu’il leur eût confié la vérité, qu’il leur ait dit que Juve avait été parmi eux, qu’il leur ait appris que le personnage de Job Askings était en réalité joué auprès d’eux par le roi des policiers ?
Si Fantômas, par malheur, avait parlé, il était évident que Juve ne serait point sorti vivant de l’Enfer. Ceux-là qui étaient les ennemis de la police, qui avaient délégué cinq des leurs pour aller, sans motif, se battre contre les agents, n’auraient certainement pas fait grâce à Juve !
Mais il était certain aussi que si Fantômas n’avait point parlé, Juve avait peut-être bien des choses intéressantes à apprendre de ces misérables.
C’était sans doute pour cela que Juve s’était rendu chez les Grouilleurs.
— Est-ce que vous ne m’attendiez pas ? demandait-il.
Le vieux chef, qui s’était levé pour avancer à la rencontre du policier, se courba littéralement en deux !
— Si fait, répondait-il d’une voix calme, et sans le moindre étonnement, je t’attendais, moi, Job Askings ! Je n’oubliais pas, en effet, que j’avais un dépôt à te rendre…