Juve poursuivit :

— Ce qui me paraît fort original dans cette aventure, c’est que ce soit un homme qui, comme vous, monsieur Mix, était tout d’abord préoccupé de prouver l’innocence de Léon Drapier, qui soit la cause, en somme, en définitive, de l’arrestation de ce dernier !

— Évidemment ! reconnut Mix d’un air évasif. J’avais cru à son innocence, mais M. le chef de la Sûreté m’a démontré sa culpabilité et, comme je suis un honnête homme, que je cherche surtout le châtiment des coupables, je n’ai pas cru devoir m’opposer à l’arrestation de M. Léon Drapier, bien au contraire !

Juve fixait dans les yeux M. Mix.

— Croyez-vous cependant que Léon Drapier soit réellement un voleur ? réellement un assassin ?

— Je le crois ! naturellement ! fit Mix interloqué.

— Eh bien, dit Juve en se levant, moi je ne partage pas votre opinion !

— Vraiment ! dit-il ; expliquez-vous…

— C’est ce que je vais faire ! poursuivit Juve, mais auparavant, monsieur Mix, acceptez une cigarette ; M. Havard, qui est fumeur, ne verra aucun inconvénient à ce que nous remplissions son cabinet de fumée en l’attendant !

Juve venait d’ouvrir son étui à cigarettes, il le présentait à son interlocuteur ; mais, au moment où celui-ci, de sa main droite, puisait dans l’étui, Juve, qui le présentait à plat sous le visage de Mix, comme pour masquer ses propres mains à lui, effleurait la poche de Mix et en extrayait un browning qu’il mettait dans la sienne !