GERMAINE, continuant
Ou bien vous êtes un malin et vous vous dites : « Laissons venir ! »
RENÉ, vexé
Tenez voici les illustrés. (Il lit.) « Armes et Sports, Fémina, la Vie Parisienne… »
GERMAINE
Vous êtes vexé ! J’ai deviné juste !
RENÉ
Et vous, chère Madame, vous vous êtes dit : « Tous les hommes sont des polichinelles. En voici un qui passe pour aimer sa femme ! Je vais m’amuser à l’emballer, rien que pour me prouver à moi-même que j’ai raison de mépriser ses semblables. Ça ne traînera pas : je lui tendrai l’appât ; il sautera dessus. Et, quand il sera pris, je l’abandonnerai là, sur le sable, tout seul… » Eh bien, non ! Je ne me laisserai pas prendre. Je ne tournerai même pas autour de l’hameçon, et je ne vous donnerai pas la joie de dédaigner, une fois de plus, le sexe auquel j’ai le malheur d’appartenir. Voici les illustrés !…
(Il les lui tend.)
GERMAINE