Il se leva.

— Monsieur l'abbé, dit-il alors d'une voix profondément émue, je vous remercie pour Marguerite et pour moi, vous avez le courage de me dire la vérité, et maintenant je comprends bien des choses que je ne parvenais pas à m'expliquer.

— Quelles choses? fit l'abbé.

— Oh!… des riens; les sourires des uns, l'air contraint des autres, la joie maligne de tous… l'infamie, monsieur l'abbé. Marguerite est perdue…

— Y pensez-vous!…

— Perdue, vous dis-je… Marguerite est pure comme la rosée de mai; mais on ne le croit plus… je me vengerai.

— Tanneguy!…

— Ce n'est rien… soyez tranquille… j'aurai du calme, mais il y a du sang des Tanneguy dans mes veines, et nous verrons bien.

— Que comptez-vous faire?

— Vous allez le savoir, et en peu de mots, comme il convient… Marguerite va retourner avec votre domestique, la vieille Jeanne, à ma ferme de Lanmeur… Moi, pendant ce temps, j'irai régler mes affaires avec l'intendant des Kerhor, et demain je quitterai le pays…