— Apprends donc qu'il y a trois ans, mon oncle Duparc est mort à Toulouse, laissant sa fille, Mariette Duparc, dans le plus complet dénuement. Je rentrais de campagne, et, naturellement, j'allai enterrer le brave homme; en même temps, je vis l'enfant, qui avait à peine quatorze ans, et qui était bien la plus jolie créature que l'on pût rencontrer. Sa situation me toucha; elle ne demandait rien cependant, la chère petite. Mais elle me regardait avec des yeux si inquiets, elle disait avec une si touchante candeur qu'elle n'avait plus que moi au monde, et qu'elle m'aimerait bien, si je voulais l'aimer comme l'avait fait son père, que, ma foi! je me suis laissé attendrir! Je ne suis pas riche, mais j'ai une aisance convenable, et, comme je ne devais pas tarder à repartir, j'emmenai l'enfant à Paris, et la plaçai dans un couvent, où elle doit rester jusqu'à sa majorité. N'ai-je pas bien fait?

— Excellent coeur!

— Bon! je ne sais pas ce que ça vaut, cette action-là; mais ce que je puis affirmer, c'est qu'elle m'a rapporté bien des joies que je n'aurais jamais pu me procurer avec les quelques milliers de francs qu'elle m'a coûtés…

— Et depuis?… vous êtes en correspondance.

— Elle m'écrit souvent… Moi, je lui réponds quelquefois. Voilà près de deux ans, que je ne l'ai vue.

— C'est pour elle que tu viens.

— À peu près. J'irai demain au couvent où je l'ai placée. Elle a dû être prévenue, hier, de mon arrivée, et je suis sûr qu'elle m'attend avec une impatience?

— Pauvre enfant!

— Du reste, ajouta Maxime, je veux que tu la connaisses; tu viendras avec moi.

— Y songes-tu?