Gaston se tourna vers Maxime.
— Puisque tu as fait une étude spéciale des phares, dit-il à voix rapide, et que tu reconnais celui-ci, tu peux nous renseigner sur les abords de la côte.
— Oh! parfaitement, répondit le jeune enseigne, nous pouvons approcher encore d'un mille au moins. Les abords sont très dangereux, mais la marée est haute, et il y a plus de deux brasses sur les barres. Avec la chaloupe, pendant trois heures il n'y a aucun danger d'accoster.
— Que l'on mette donc le canot à la mer, ordonna Gaston, et j'irai moi-même au secours de ces malheureux.
Maxime ne fît pas d'objection et alla tout préparer. Dix minutes plus tard, le canot glissait le long du navire avec six hommes d'équipage et un quartier-maître, et quand il fut paré, Gaston y descendit à son tour, emmenant le petit Bob, un jeune mousse qui ne le quittait pas et qui avait fait toute la campagne avec lui.
— Pousse au large! commanda-t-il alors, en prenant place a l'arrière.
Les six avirons s'abattirent immédiatement, et la frêle embarcation fendit les flots avec rapidité.
Au bout d'un quart d'heure, ils rangeaient l'îlot de rochers sur lequel le phare est construit.
À ce moment, la base était complètement immergée, ainsi que l'avait prévu Maxime, et le flot venait battre les flancs de la tour.
Le canot alla s'engager dans une anse de sable; Gaston, Bob et deux matelots sautèrent à la mer, et, gagnant l'escalier ménagé dans le talus, ils commencèrent l'ascension.