Une déception l'y attendait. Quand il atteignit le vestibule du rez-de-chaussée et qu'il demanda à voir madame de Beaufort, le valet qui le reçut lui annonça que madame Beaufort et mademoiselle Nancy étaient sorties, et qu'elles ne rentreraient que pour l'heure du dîner. Gaston remit sa carte et se retira. Il était vivement contrarié.
Il se promettait beaucoup de cette visite, et se désolait sincèrement d'être obligé de remettre à un autre jour.
D'ailleurs, une chose l'intriguait dans la réponse du valet.
Il avait parlé de madame de Beaufort et de Nancy, et n'avait pas prononcé le nom d'Edmée.
Qu'est-ce que cela signifiait? pourquoi cet oubli? Gaston en demeura troublé toute la journée. Le lendemain vers onze heures, l'arrivée de Maxime vint heureusement faire diversion à toutes les pensées qui l'obsédaient.
Maxime était d'une nature expansive, primesautière, qui ne s'était jamais laissé entamer par les tristes perspectives de la vie.
Il était né insouciant et gai, et se défendait de la mélancolie comme d'une maladie. Tout le monde l'aimait et il aimait tout le monde. Cela était bien un peu banal, et peut-être ne fallait-il pas faire grand fond sur les manifestations bruyantes de ses sympathies.
Il ne demandait pas, au surplus, à être pris autrement, et tel qu'il se présentait, indifférent plutôt que sceptique, il était charmant.
Gaston connaissait, d'ailleurs, les excellentes qualités du jeune lieutenant de vaisseau, et lui seul eût pu dire ce qu'il y avait dans ce coeur d'enfant turbulent, qui s'était gardé jusqu'alors des atteintes de toute passion mauvaise.
— Eh bien! es-tu prêt? dit Maxime en se précipitant dans la chambre.