— Es-tu folle!

— Pas si folle que cela; car, en voyant comment je place mon amitié, il aura encore plus d'estime pour sa petite Mariette, comme il dit.

Pendant les deux jours qui suivirent, la jolie enfant se montra plus turbulente et plus agitée qu'elle ne l'avait jamais été.

Elle attendait Maxime; elle savait maintenant quel jour et à quelle heure il devait venir, et elle ne tenait plus en place.

Plusieurs fois, soeur Rosalie eut occasion de la gronder à ce sujet, et malgré l'agitation nerveuse à laquelle elle était en proie, Mariette conserva assez d'empire sur elle-même pour lui répondre avec douceur et soumission.

Pendant toute la matinée, elle ne cessa, d'ailleurs, de causer à voix basse avec Edmée. On les rencontrait dans tous les coins, et Mariette semblait demander à son amie une chose que celle-ci s'obstinait à refuser.

— Si tu me refuses, dit enfin Mariette les yeux voilés de larmes, tu me feras un grand chagrin.

— Mais tu n'y songes pas, voulut dire Edmée.

— Sois bonne, comme toujours, et je t'aimerai tant!

Edmée n'eut pas le temps de répondre.