Maxime et Gaston avaient été reçus par la soeur tourière, et le jeune lieutenant de vaisseau n'eut pas plus tôt fait connaître le but de sa visite, qu'elle les pria de la suivre et gravit avec eux les degrés de l'escalier de pierre qui menait au large palier du premier étage.

Une porte ouvrait sur une sorte de vestibule où était établi le tour du couvent; ils en franchirent le seuil et, toujours précédés par la soeur, ils traversèrent le vestibule et pénétrèrent dans le parloir.

C'était une grande pièce, nue et froide, dont les hautes fenêtres étaient voilées de rideaux de serge et dans laquelle régnait un jour douteux.

Un Christ d'ivoire se détachait sur une croix d'ébène, contre le mur qui faisait face à la porte, et l'on ne distinguait d'autres meubles que quelques chaises et un banc couvert de drap noir.

Après avoir introduit les deux jeunes gens, la soeur salua et se retira, en les invitant à s'asseoir et à attendre.

Ce ne fut pas long.

Peu après, ils entendirent un bruit de pas précipités qui montaient l'escalier, et presque aussitôt, deux jeunes filles parurent dans le vestibule, suivies à peu de distance par une nouvelle soeur qui avait dans ses attributions la surveillance du parloir.

Alors, une chose bizarre se produisit.

Et pendant que Maxime, étonné et ravi, hésitait à reconnaître dans la charmante Mariette qui venait naïvement se jeter dans ses bras, la petite fille qu'il avait laissée au départ, Gaston comprimait un cri de stupéfaction à la vue d'Edmée qui l'accompagnait.

— Eh bien! eh bien! fit Mariette avec un rire clair et vif, suis- je donc si changée que vous hésitez à me reconnaître?