La jeune femme qui était devant lui pouvait avoir trente ans au plus; elle était grande, élancée, élégante, et rien ne saurait rendre l'expression saisissante qui se dégageait par instants, de ses deux grands yeux bruns!
Elle portait une toilette à la mode, robe blanche avec des noeuds cerise, ample crinoline, des mitaines sur une main blanche et effilée; une fanchon en dentelles noires sur de magnifiques cheveux blonds.
Gaston la regardait et ne savait que penser de cette singulière apparition.
Toutefois, il se remit bientôt, et s'inclinant respectueusement:
— Pourquoi voulez-vous que je vous garde rancune? répliqua-t-il après un court silence. J'ai aperçu les signaux que l'on nous envoyait de loin; j'ai pensé qu'il y avait ici des malheureux à secourir, et je me suis empressé de venir à votre appel. Dites- moi, de grâce, ce qu'il faut que je fasse, et ce que vous attendez de moi?…
À cette question, un nuage assombrit le front de la jeune femme, et un soupir gonfla sa poitrine.
— Qu'avez-vous? Parlez! insista Gaston; ne disiez-vous pas qu'il s'est accompli cette nuit, ici, un drame terrible?
— En effet.
— De quoi s'agit-il?
— Venez! venez! Monsieur, répondit la jeune femme, et quand vous aurez vu, vous comprendrez mieux de quelle effroyable épreuve je sortais, quand j'ai appelé à mon secours.