Il ne pouvait pas en être autrement.

Quelque prétexte qu'il prit pour s'introduire dans ces mystérieuses demeures, il rencontrait partout la même politesse banale; on l'accompagnait au parloir, on le laissait s'agenouiller à la chapelle; parfois, même, il était admis jusque auprès de la supérieure.

Et c'était tout!…

Ce qu'on lui montrait, ce qu'il voyait, c'étaient les parties banales du couvent; ce que tout le monde pouvait voir comme lui; ce que l'on n'a aucun intérêt à cacher.

Mais derrière ces murs épais, sous ces voûtes silencieuses, au fond de ces corridors sombres où parfois il a surpris d'étranges murmures de voix contenues, au delà de ces doubles grilles quadrillées, voilées de tentures noires, qu'y avait-il?… Que de mystères peut-être se fussent offerts à ses regards s'il lui eût été donné, d'y pénétrer!

Fanny Stevenson se désolait au récit de ses recherches vaines; elle ne pouvait croire qu'elle ne parviendrait pas un jour à découvrir la retraite où l'on avait enfermé Edmée. Mais elle se désespérait en voyant le temps s'écouler, sans amener aucun changement à la cruelle situation qui lui était faite.

Une fois cependant, quelque chose de bizarre se passa qui vînt ajouter encore à ses terreurs et lui donna la mesure de ce que son ennemie pouvait tenter!

C'était lors de la dernière visite que Gaston avait faite à
Sainte-Marthe.

Il était arrivé à midi sonnant. Mariette ne se trouvait pas encore au parloir: soeur Rosalie l'attendait, et il fut frappé de l'expression insolite qu'il remarqua sur ses traits.

Elle était plus sombre encore que d'habitude; plongée dans ses réflexions amères, elle semblait insensible à tous les bruits qu'elle entendait; mais dès que Gaston monta les degrés de l'escalier, elle reconnut tout de suite son pas et releva brusquement la tête.