Peu après, du reste, elle fut rendue à elle-même et à toutes ses réflexions.

Gaston avait fermé la fenêtre; la lumière s'était éteinte et elle avait entendu de nouveau le roulement d'une voiture qui s'éloignait.

Il était parti, la nuit s'était faite autour d'elle; elle regagna tristement sa petite couchette.

Pendant plusieurs heures, elle resta éveillée et songeant.

Instinctivement, elle se reprenait à toutes ses appréhensions, et l'image de Gaston, évoquée à son chevet, ne parvenait ni à la distraire ni à dissiper ses pensées sombres.

Aussi fut-elle une des premières à quitter sa cellule le lendemain matin.

Elle avait besoin de se confier à Dieu et de le prier du plus profond de son coeur.

Elle descendit à la chapelle.

Elle était déserte à peu près et n'y trouva que deux personnes.

La soeur sacristine et une jeune femme, qu'elle avait remarquée depuis plusieurs jours et qui était venue au couvent, lui avait-on dit, pour y passer quelques semaines de retraite.