Ce fut, en quelque sorte, un commencement de révolte calme et froide autant que résolue…
Mais le moyen lui échappait, et elle cherchait sa voie.
La nuit venait.
Le silence commençait à envahir le couvent; de nouvelles impressions la reprenaient.
Aux approches de la nuit, elle avait comme des frissons; son esprit s'exaltait; elle éprouvait un ardent besoin de prier.
Quand elle priait, à genoux sur la pierre, un grand apaisement se faisait en elle: mais ce soir-là l'effet ne se produisait pas.
Après s'être agenouillée, quand elle eut joint les mains et levé son regard suppliant vers le ciel, le désordre de son coeur ne se calma point: sa poitrine battait au contraire avec plus de force; mille pensées l'assaillaient à la fois, et il lui fut impossible de se retrouver.
L'image de Gaston ne la quittait plus, mélancolique, attendrie, murmurant à son oreille des paroles passionnées.
Elle se releva mécontente, presque irritée contre elle-même, et elle allait se jeter sur son lit, quand tout à coup un bruit presque imperceptible qui se fit derrière sa porte attira son attention de ce côté.
Il était tard; tout dormait au couvent. Qui donc pouvait venir jusqu'à elle à une pareille heure?