— Il faut qu'on le transporte chez lui, où il pourra recevoir tous les soins que réclame son état.

— C'est cela qu'il faut faire, en effet, et je vais m'en occuper.

Cependant, ainsi que l'avait constaté Edmée, Gaston avait ouvert les yeux et promené ses regards sur cette salle enfumée, qu'il cherchait vainement à se rappeler.

Il n'était point encore sorti tout à fait de son évanouissement et ne distinguait que faiblement les objets qui s'offraient à lui.

Mais peu à peu le sentiment de la réalité lui revint; le souvenir de ce qui s'était passé se présenta plus net à son esprit, et, quand il reconnut Edmée, agenouillée, tristement souriante à ses côtes, il fit un brusque mouvement pour se lever.

Edmée le retint avec une douceur mélancolique.

— Ne bougez pas, monsieur Gaston, dit-elle; le médecin l'a ordonné, et il faut lui obéir.

— Vous! C'est vous! murmura le jeune commandant; comment vous trouvez-vous près de moi, et où sommes-nous ici?

— Je vous expliquerai tout cela. Vous avez été victime d'un odieux guet-apens. Vous avez failli être assassiné; mais Dieu n'a pas voulu qu'une pareille infamie pût s'accomplir, et l'on est arrivé à temps pour vous sauver. Dieu merci, votre blessure est peu grave; on va pouvoir vous transporter chez vous, et là…

— Ah! vous ne me quitterez pas! supplia Gaston.