— Au moins, votre mère vit.

— Mon père et ma mère sont morts.

— Eh bien! reprit-elle, à votre âge, la vie commence à peine, et plus d'un bonheur vous est réservé en ce monde. Vous serez aimé un jour, bientôt peut-être, par quelque femme digne de vous, et, d'avance, j'appelle sur celle que vous aurez choisie toutes les bénédictions du Dieu juste et bon.

Et ayant ainsi parlé, elle s'éloigna d'un pas rapide et disparut bientôt sans oser regarder en arrière.

— Malheureuse femme! murmura Gaston.

— Malheureuse femme, sans doute, répliqua Maxime qui marchait à ses côtés; mais, tout de même, elle vous a un regard à donner le frisson, et je ne voudrais pas être à la place de M. le comte de Simier le jour où elle le repincera.

— Mais le repincera-t-elle? fit Gaston en souriant malgré lui au dernier mot de son ami.

Celui-ci eut un geste insouciant.

— Ça, c'est son affaire, répondit-il. Mais je serais assez curieux de voir la tête que fera le comte, quand il se trouvera en présence de la mère de l'enfant!

PREMIÈRE PARTIE