Impresso in Venezia per Nicolo Zopino nel MCCCCCXI a di XXII di Zenaro.

Ce livre, découvert par M. d'Ancona, à la Marciana, fut publié quand l'Arétin avait 19 ans et qu'il était étudiant à Pérouse.

LES SONNETS LUXURIEUX

Les Sonnetti lussuriosi de l'Arétin ont été composés pour interpréter des gravures de Marc-Antoine Raimondi d'après des dessins de Jules Romain.

On n'a aucune idée de ces gravures, dont il n'existe aucun exemplaire. Des fragments ont été, il est vrai, signalés çà et là, mais jamais leur authenticité ne fut absolument certaine. Nul doute cependant qu'elles n'aient existé, mais elles ont été poursuivies et détruites avec tant d'acharnement qu'elles paraissent aujourd'hui définitivement perdues.

Ces estampes ont paru dans les sonnets de l'Arétin. D'autre part, un curieux passage d'Ebert (Beschreibung der Kœnigl. Biblioth. zu Dresden) semble indiquer l'existence d'une édition originale comprenant les sonnets et les gravures. Le fait est possible et non pas avéré.

D'après Ebert, la Bibliothèque royale de Dresde aurait possédé jusqu'en 1781 un exemplaire des Sonnetti lussuriosi avec des dessins de Jules Romain (Graesse, qui cite Ebert, donne aux termes dessins le sens de gravures d'après les dessins).

Mais le gouvernement fit retirer l'ouvrage, qui fut détruit. M. Canzler, bibliothécaire, put cependant copier les sonnets. Était-ce un manuscrit ou un imprimé? S'agit-il des dessins originaux de Jules Romain ou des estampes de Marc-Antoine? S'agit-il simplement, ce qui est probable, d'un tout autre livre? On ne sait, et personne, que je sache, n'a même vu si les sonnets copiés par M. Canzler sont bien les Sonnetti lussuriosi.

Il semble démontré que les Sonnetti n'ont pas été gravés au bas des planches de Marc-Antoine, ni même imprimés en Italie du vivant de l'Arétin.