Pippa.—Je me rappelle ce Zoppino que tout le monde court entendre, quand il chante sur les planches.

Nanna.—C'est celui-là même. Te souviens-tu comme tu riais lorsque nous étions chez Piero, mon compère, et que tu allais l'écouter avec sa Luchina et sa Luciette?

Pippa.—Oui, madonna.

Nanna.—Tu sais que le Zoppino contait comment Campriano, après avoir introduit des liards pour une somme de trois livres dans le trou du cul de son âne, le conduisit à Sienne et se le fit acheter cent ducats par deux marchands à qui il donnait à entendre que cet âne chiait de la monnaie?

Pippa.—Ah! ah! ah!

Nanna.—Il poursuivait l'histoire jusqu'à la moitié; puis lorsqu'il avait bien amorcé la foule, il retournait sa veste et, avant d'achever, voulait vendre toutes sortes de drogues.

Pippa.—Je ne saisis pas...

Nanna.—Sais-tu, bâton de ma vieillesse, ce qui t'arrivera souvent, si tu me laisses finir de t'endoctriner?

Pippa.—Quoi?