HORTENSE.

J'espère que vous ne le confondez pas…

MARTON.

Ma foi, Madame, la comparaison n'a rien de révoltant. Un procureur vous eût pris de l'argent, Mondor demande votre main : c'est mettre ses services au plus haut intérêt.

HORTENSE.

Il ne demande rien. Tendre, mais soumis, Mondor attend tout de ma délicatesse. Depuis deux ans qu'il s'est éloigné pour me servir, il ne m'a pas écrit une lettre qui ne fût dictée par le plus pur désintéressement. Mais, Mademoiselle, ne lui dussé-je rien, les derniers voeux de mon époux…

MARTON.

Sont sans force dans le cas dont il s'agit. Lui donner pour successeur M. Mondor! c'est trop fort, en vérité, et je ne le souffrirai certainement pas.

HORTENSE.

Vos folies m'amusent quelquefois.