De quoi, Madame?
HORTENSE, très-vivement.
Des étourderies de ce jeune homme, de l'embarras affreux où elles me mettent.
MARTON.
Il n'a pas été question de lui.
HORTENSE, hors d'elle-même.
Tant pis, Mademoiselle, tant pis. Mondor sait qu'Auguste est chez moi, qu'Auguste est charmant. Votre affectation à n'en pas parler aura fait naître ces soupçons que j'ai si peu mérités, et dont je ne me consolerai jamais. Quelles conséquences Mondor n'aura-t-il pas tirée de vos petits détours? Il faudra que je supporte vos étourderies, que je m'excuse… M'excuser! cet enfant m'aime, est-ce ma faute? S'il menace, s'il éclate, pourrai-je lui imposer silence? Avec les intentions les plus pures, on a donc besoin d'indulgence! Quelle cruelle situation! Il faut cependant que je déclare tout à Mondor; et comment m'y prendre à présent? j'aurai l'air de ruser, de vouloir cacher mes démarches, ou de m'en permettre de répréhensibles. Que je suis malheureuse!
MARTON.
C'est moi, Madame, qui suis la seule à plaindre. On me questionne, j'élude; on me presse, je me défends: je crois bien faire, et je suis blâmée. Parler d'Auguste, n'était-ce pas mettre à des bagatelles une importance… (Finement.) une importance que vous n'y attachez pas, puisque vous n'aimez pas cet enfant.