MONDOR.
Mais Hortense ne vous aime pas, n'est-il pas vrai, elle ne vous aime pas? Prenez garde, Monsieur, qu'un mot hasardé peut nuire à la réputation d'une femme estimable.
AUGUSTE.
Eh! Monsieur, que me demandez-vous? Je vais vous dévoiler mon ame, vous y lirez comme moi. Qu'importe que je sois aimé d'Hortense, que vous importent ses sentimens secrets, puisque vous connaissez sa vertu? Mais, Monsieur, c'est à la dernière extrémité que je vous implore. A votre âge, on surmonte l'amour: au mien, c'est un poison qui brûle, qui dévore. Vous avez toute votre raison, et la mienne n'est qu'à son aurore. Je voudrais vous aimer, je le désire, je le puis; ayez pitié de mes tourmens, ne me forcez pas à vous haïr.
MONDOR.
Monsieur, vous me dites là des choses très-intéressantes, très-vivement senties, mais qui éludent ma question. Répondez net, s'il vous plaît. Si Hortense vous aime, si seulement elle vous a donné lieu de le croire, je vous la cède; elle m'a trompé, et je la méprise. Si au contraire……
AUGUSTE, avec force.
Monsieur, estimez ma cousine, et épousez-la.
MONDOR, à part.
C'est un honnête homme, et je suis content de lui.