—Eh bien! fit Mignonne avec joie, alors ceci va tout seul.

—Non, Mignonne, vous vous trompez encore... Si vos oncles se laissaient fléchir, mon père n’en serait pas moins inexorable.

—Il ne vous aime donc pas, votre père?

—Il me préfère ma sœur.

—Ceci est assez naturel; mais cependant il vous aime.

—Je le crois.

—Et votre mère a un faible pour vous.

—Ma mère est une sainte et noble femme, qui ne sait que se résigner et prier. Elle obéit toujours à mon père.

—Eh bien, je le fléchirai, moi, votre père... J’irai me mettre à ses genoux, je serai bien éloquente et bien douce, bien persuasive, bien humble; je lui demanderai pardon de tous les torts de nos aïeux... Une femme qui demande pardon, mais c’est à attendrir un roc.

—Vous oubliez, Mignonne, que votre oncle a tué le mien!