—Qui m’appelle? répondit Mignonne, respirant en ne reconnaissant point la voix de ses oncles.

—Moi, Gaston, votre cousin.

Et il se dirigea vers elle.

—Chère Mignonne, dit-il, vous nous plongez en une anxiété indicible, là-haut, à la Châtaigneraie. Il est près de minuit, et nous vous cherchons partout.

Puis, en l’abordant, il lui dit tout bas:

—Silence! écoutez-moi, et répondez-moi à voix basse, ou tout est perdu!

Mignonne comprit vaguement et essuya ses larmes. Alors Gaston lui offrit son bras et l’entraîna dans une direction opposée à la retraite provisoire de l’oncle Joseph, de façon que celui-ci ne pût surprendre un seul mot de l’entretien qu’il allait avoir avec sa jolie cousine.

Mignonne tremblait bien un peu, mais elle était surtout confuse d’avoir été surprise ainsi par Gaston, donnant un rendez-vous à Albert.

—Ma chère petite cousine, lui dit le jeune homme toujours à mi-voix, laissez-moi d’abord vous gronder...

—Ah! fit Mignonne avec émotion.