Mignonne devint livide.

—Cela ne vous semble-t-il pas charmant, continua Gaston, et croyez-vous, ma belle petite cousine, que nous ne pourrions pas faire beaucoup plus mal l’un et l’autre?... D’abord vous êtes charmante; je vous crois douce et bonne.

Mignonne laissa échapper un soupir.

—Et je ferai tous mes efforts pour vous rendre heureuse, je serai aux petits soins, je vous aimerai de tout mon cœur...

En parlant ainsi, Gaston avait pris tendrement la main de Mignonne... Il avait la voix et le geste caressants, il était tout près d’elle.

—Eh bien, fit-il, vous ne me répondez pas?

Mignonne ne répondit point davantage; mais tout à coup deux larmes brûlantes jaillirent de ses yeux, et elle retira sa main que Gaston pressait doucement dans les siennes.

—Eh quoi! fit celui-ci, jouant admirablement la surprise, vous pleurez, Mignonne?

Mignonne éclata en sanglots et cacha sa tête dans ses mains.

—Vous pleurez, dit Gaston à Mignonne, et pourquoi? mon Dieu! Avez-vous donc quelque aversion pour moi?