—Bothwell est riche, et il y a ici plus d’un montagnard avide, plus d’un courtisan ruiné qui ne demandent pas mieux que de recoudre leur bourse trouée avec la pointe de leur dague...
—Crois-tu? dit Henry frémissant.
—Enfant! murmura Hector avec une tendre pitié pour l’ingénuité du jeune homme.
Lord Bothwell paiera l’un ou l’autre, s’il ne l’a fait déjà... Lord Bothwell fera assassiner le roi cette nuit!
Henry ne répondit pas, mais il mit de nouveau une main sur sa dague, l’autre sur son épée et fit un pas dans la direction du roi, comme s’il eût voulu se ranger à ses côtés et lui faire, de sa poitrine, une cuirasse contre le fer des assassins.
—Attends donc! continua Hector, le retenant par le bras; écoute; sais-tu ce que rêve cet homme en ce moment?
—Que rêve-t-il? fit Henry, dont la lèvre enfantine devint menaçante.
—Il rêve, poursuivit Hector, le trône d’Écosse!
—O infamie!
—Et il espère l’avoir. La reine l’aime... il le croit du moins... et alors, comme pour les lâches et les traîtres, il n’est rien de sacré,—le roi mort, cet homme sera assez infâme, assez vil pour demander sa main à la veuve de l’homme qu’il aura fait assassiner.