Elle ne le dit point cependant, mais Douglas le reconnut.
Douglas déganta silencieusement son autre main, puis il mit les deux gants à côté l’un de l’autre, et dit froidement:
—C’est le gant de la reine, et peut-être va-t-elle nous expliquer...
—Des explications? fit la reine foudroyée, je ne sais pas... je ne comprends rien... j’ai perdu mon gant dans le bal... voilà tout.
Et comme la reine suffoquait, anéantie, se taisait, et qu’un morne silence s’établissait parmi les courtisans et les seigneurs accourus, Douglas reprit:
—Madame, on vous aura volé votre gant... ou bien...
Douglas s’arrêta, et ce silence d’une seconde pesa d’un poids terrible sur toutes les poitrines...
—Ou bien, reprit Douglas dont la parole était brève et glacée autant que son regard était flamboyant, vous l’aurez donné vous-même à celui qui a pénétré dans ce souterrain.
—Horreur! dit la reine.
Mais un troisième personnage intervint alors dans le colloque; celui-là était terrible d’attitude, et il redressait comme un Dieu courroucé sa grande taille voûtée par l’âge.