—Ecuyer maudit, répondit le gentilhomme, si tu crains la mort, demeure sur la grève... tu n’as point de secret à apprendre... et je n’ai nul besoin de toi!
Et il lança bravement son cheval à la mer.
L’animal se cabra, recula frissonnant, mais l’éperon déchira son flanc, et furieux, ensanglanté, il se jeta à la rencontre des vagues, hennissant de douleur.
Le Lorrain et l’Espagnol suivirent leur frère.
L’écuyer hésita longtemps, mais la pluie tombait toujours... et sa gourde était vide!
Il ôta son chapeau, fit un signe de croix, invoqua la madone napolitaine, et suivit les trois gentilshommes.
L’Océan essaya bien de rugir et de rejeter à la côte ces hommes assez téméraires pour la braver ainsi; mais ces hommes étaient de forte et fière trempe,—et ils fendirent les lames, et après quelques minutes d’une lutte terrible, l’ongle de fer de leurs étalons grinça sur le roc glissant et poli qui supportait la tour de Penn-Oll. Cette tour était tout ce qui restait d’une antique demeure féodale.
La vague avait passé sur les décombres du reste.
—Frères! dit alors le cavalier lorrain en soulevant le marteau de bronze de la porte, nous étions quatre autrefois, et nous ne sommes que trois maintenant!
—Voici le quatrième! répondit une voix venant de la haute mer.