Il se pencha de nouveau à la croisée, regarda et vit la foule qui s’écoulait peu à peu, silencieuse et sombre, par les rues voisines, laissant désert le bord de la rivière.

Que signifiait cette manœuvre?

Etait-ce un contre-ordre?

Etait-ce une habile disposition stratégique, une ruse de guerre d’un grand capitaine?

Gontran se souvint de plusieurs campagnes dans la Flandre, qu’il avait faites avec le duc de Guise, et il crut reconnaître dans cette disposition subite de la foule la main de celui qui avait été son général.

Une lutte intérieure de quelques secondes se livra chez lui entre le devoir qui l’enchaînait auprès de cet enfant et son cœur loyal qui essayait de parler aussi haut que le devoir; mais, à la fin, le devoir l’emportant sur la générosité, il alla fermer la porte au verrou et revint au chevet du lit.

L’enfant dormait profondément.

Gontran prit son manteau et l’en couvrit.

Puis il tira son épée, mit ses pistolets sur la table et se plaça auprès de l’enfant endormi, veillant sur lui et prêt à le défendre avec l’audace et l’énergie d’un lion.

L’hôte frappa à la porte.