—Le roi!

Le roi était un pâle et beau jeune homme de vingt et un ans à peine, blond, mince, presque frêle et portant sur son visage les traces d’une débilité prématurée et d’une maladie mortelle. Depuis le meurtre de Rizzio, le roi était mal avec la reine qui ne lui pardonnait pas un tel scandale; il vivait loin d’elle, retiré, et il s’était choisi lui-même une résidence hors du château et des murs de Glascow, au milieu des champs.

C’était une petite maison composée d’un seul étage, entourée d’un parc, adossée à une verte colline et portant le nom de Kirk of field, c’est-à-dire l’Église champêtre.

Le roi avait appris l’arrivée nocturne de la reine à Glascow et désirant tenter une réconciliation, il lui avait envoyé son père sir Darnley, comte de Lenox, pour essayer ce rapprochement.

La reine avait répondu qu’elle verrait avec joie le roi venir à son bal.

Et le roi, tout malade qu’il fût, était venu en grande hâte.

La reine, entendant ce cri: «Le roi!» la reine, disons-nous, se retourna, quitta le bras du comte de Lenox, congédia d’un sourire lord Bothwell et s’avança vers sir Henry Darnley, son royal époux.

—Votre Majesté, lui dit-elle en lui donnant sa main à baiser, arrive tout à propos pour ouvrir le bal avec moi.

Le roi s’inclina et offrit sa main.

La reine prit cette main, la pressa doucement et dit tout bas au roi: